Julius IV : en librairie le 1er avril 2015

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À l’origine du mythe, il y a toujours un mensonge…

Remis de ses blessures, Julius reprend la quête du Troisième Testament au fin fond de l’Orient. Gravissant une montagne sacrée, il en redescend avec un rouleau bardé de sept sceaux sur lequel serait inscrite la parole divine. Seul son ami, le « Sar Ha Sarim », est digne de l’ouvrir. Mais l’ancien esclave, revenu en Judée, a décidé de prendre les armes et de mener son peuple contre l’armée romaine. Alors que dans le ciel se dessine une comète en forme de sabre, il enchaîne les victoires et se convainc à nouveau de sa mission divine. Livia, la fille de Julius qui est devenue l’amante de Sayn, le met en garde : trop de sang a déjà été versé. S’il continue dans cette voie, il précipitera la ruine de son peuple !

Série

Making-of de Julius II : Thimothée Montaigne commente la réalisation d’une planche 1/2

Posté par Glénat le 19 novembre 2012 à 6:50

Thimothée Montaigne, dessinateur du deuxième opus de Julius, commente la réalisation de la page 19 de l’album.

Ça tombe bien, cette page 19, c’était la planche-test que j’ai réalisée à la demande d’Alex Alice, qu’il a choisie pour voir comment je m’en sortais sur les personnages.

Julius II – Page 19 version finale

La réelle complexité sur ce type de page, c’est de réussir à faire en sorte que la lecture soit fluide, de hiérarchiser les interventions des personnages. Quand il y en a beaucoup, il faut faire des choix pour que les protagonistes soient mis en valeur, qu’ils apparaissent au lecteur dans le bon ordre. Quand Saul présente ses proches dans la dernière case, par exemple, l’encrage et la composition de la case appuient bien sur lui. Il faut que ce soit évident. C’est une planche où il y avait des attitudes assez subtiles , un gros travail sur les expressions.

Julius II – Page 19 story board

Il y avait un autre défi au niveau du décor et de l’ambiance du village. On voit bien sur le story-board que c’est seulement suggéré par l’esquisse d’Alex Alice, or il m’a fallu réussir à dépeindre un village paisible un peu à l’image de la Comté dans le Seigneur des Anneaux ! Il y avait aussi un élément qu’il fallait que j’intègre au décor : la place du village avec l’arbre sur la pierre, qu’on voit case 9. C’est un détail qu’on retrouvera plus tard dans la série, et qui servira d’élément de reconnaissance pour le lecteur.

Julius II – Page 19 crayonné

Au cours de l’album, on sent l’intensité dramatique monter par le biais de la couleur (réalisées François Lapierre, NDE) et éventuellement par l’encrage qui se durcit par endroits. Sur cette planche, on est au début de l’épopée : il fait encore bon vivre, ils sont contents d’entamer leur quête et n’ont pas peur de quitter leur coin de paradis. Mais ça ne va pas durer…

Interview d’Alex Alice, créateur de Julius

Posté par Glénat le 12 novembre 2012 à 7:00

Interview publiée avec l’aimable accord du site BDGest, qui dédie une exposition en ligne à Julius : cliquez ici pour la découvrir.

 À quel moment avez-vous décidé de réaliser une préquelle du Troisième Testament ?

AA : L’idée d’une seconde série a toujours été présente, avant même que nous ayons publié le tome 1 de la série mère. Nous savions que ce récit médiéval ne nous permettrait pas de faire le tour de notre mythologie, cette idée fantastique d’un livre secret de la parole de Dieu. Parmi les différentes époques envisagées c’est Xavier (Dorison, NDLR) qui, au moment de la sortie du quatrième et dernier livre, a lancé l’idée d’un péplum racontant l’histoire de Julius de Samarie, le prophète oublié qui aurait reçu le Troisième testament…

Si le scénario du Troisième Testament prend son essence d’une extrapolation des Carnets D’Elsenor, celui de Julius est inspiré, d’après le prologue du premier tome, « de découvertes récentes ». Quelles sont-elles ?

AA : La dernière personne qui s’est penchée sur cette question a été retrouvée sans vie, une plume de corbeau sur le torse…

De Julius Publius Vindex à Julius de Samarie, la route semble longue, sinon infranchissable. Voilà certainement un point commun avec Le Troisième Testament, celui du parcours initiatique… 

AA : C’est vrai, c’est un type de récit que j’affectionne. Comme tout le monde, je suis sensible à la simple distraction, mais les récits qui me touchent vraiment sont ceux qui me font avancer, réfléchir, changer ne serait-ce qu’un peu de point de vue sur le monde. Pour ça, rien de plus évident que de suivre le parcours d’un personnage qui apprend lui même quelque chose. La particularité de Julius est de suivre le parcours de deux personnages, diamétralement opposés, et qui vont chacun vivre un parcours initiatique. C’est à mes yeux ce qui fait le sel de cette histoire. C’est aussi ce qui brouille les pistes, ce qui force à se positionner. J’aime l’idée qu’on ne sache pas lequel des deux est le héros.

Seule vraie faiblesse de Julius, tentatrice de celui que l’on appelle « Seigneur »… Quel est le véritable rôle de Livia ? 

AA : C’est la seule personne raisonnable du récit ! Entre le cynisme démesuré de son père, et l’extrémisme religieux des autres personnages, elle représente une sorte d’équilibre de raison et de compassion. Mais dans ce monde qui semble devenu fou, même cette voie raisonnable va la pousser à des actes terribles : dès le premier livre, elle est obligée de trahir son père pour mettre un terme à ses ambitions criminelles… Et l’histoire lui réserve encore bien des choix cornéliens. Je ne choisis pas ce qualificatif au hasard, la Chimène du Cid est l’inspiration du personnage de Livia !

Comment se déroule l’écriture du scénario à quatre mains ?

AA : Xavier a eu l’idée de faire un péplum autour de la figure mythique de Julius. Pour moi, il fallait faire du personnage du « Seigneur », sorte de nouveau Messie, l’autre héros du récit. L’histoire est née de la confrontation de ces personnages. J’ai écrit les grandes lignes en quelques jours. Puis nous avons passé de longs mois à confronter nos idées. Aujourd’hui j’écris l’essentiel des albums et Xavier intervient régulièrement avec de nouvelles idées. Il garde un œil frais sur le récit, sur la narration, sur les pages de Thim (Thimothée Montaigne, NDLR).

Pour quelles raisons avoir confié le dessin à un autre auteur ?

AA : Robin (Recht, NDLR) ne trouvait pas son rythme sur ce second livre, et nous ne voulions pas user la patience des lecteurs plus que de raison.

Comment avez-vous choisi Thimothée Montaigne? Recherchiez-vous un style graphique particulier ?

AA : Thim était venu travailler avec nous dans l’atelier de Mathieu Lauffray, je le connais de longue date. Nous avons les mêmes références, et je crois que Le Troisième Testament représentait une synthèse dans laquelle Thim se reconnait. L’accord nous a tout de suite semblé naturel, et le temps nous a donné raison : Thim se retrouve dans le récit, dans ses ambitions narrative, et je suis constamment émerveillé, ainsi que Xavier, par la générosité et la vie que Thim insuffle dans ses pages.

Après un premier tome de 78 planches, vous revenez, pour le deuxième, à une pagination beaucoup plus classique…

AA : Oui, le changement de dessinateur a occasionné presque une année de retard et nous ne voulions pas faire attendre le lecteur un an de plus.

Pour quelles raisons avoir chapitré Julius, contrairement au Troisième Testament ?

AA : Pour des raisons esthétiques, ça semblait la bonne chose à faire. L’histoire s’organise en parties distinctes, dans une certaine tradition du récit épique. Les chapitres sont une belle manière d’assumer cette ponctuation.

En combien de tomes est prévu Julius ?

AA : L’histoire est écrite depuis longtemps déjà, mais nous avons redéployé le découpage à l’occasion de ce second livre. Le troisième album est déjà storyboardé, il fera lui aussi 50 pages. Pour la suite je ne sais pas encore si l’histoire nous permettra de rester sur cette pagination, ou s’il faudra revenir à 80 pages. Nous verrons cela au moment du découpage de l’album, ce sera le juge de paix.

Avez-vous d’autres projets liés au Troisième Testament

AA : En bande dessinée, Julius va nous emmener très loin, c’est un récit qui ne fait que gagner en ampleur et en intensité. Je pense que quand cette histoire sera achevée, nous aurons fait le tour de la mythologie du Troisième Testament. Mais au-delà des livres, il y a eu déjà plusieurs projets de film autour de la première série. Je pense que ce sujet ferait un formidable long métrage s’il est bien traité. On verra bien !

Propos recueillis par L. Gianati

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