Julius IV : en librairie le 1er avril 2015

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À l’origine du mythe, il y a toujours un mensonge…

Remis de ses blessures, Julius reprend la quête du Troisième Testament au fin fond de l’Orient. Gravissant une montagne sacrée, il en redescend avec un rouleau bardé de sept sceaux sur lequel serait inscrite la parole divine. Seul son ami, le « Sar Ha Sarim », est digne de l’ouvrir. Mais l’ancien esclave, revenu en Judée, a décidé de prendre les armes et de mener son peuple contre l’armée romaine. Alors que dans le ciel se dessine une comète en forme de sabre, il enchaîne les victoires et se convainc à nouveau de sa mission divine. Livia, la fille de Julius qui est devenue l’amante de Sayn, le met en garde : trop de sang a déjà été versé. S’il continue dans cette voie, il précipitera la ruine de son peuple !

Robin Recht

Interview d’Alex Alice, créateur de Julius

Posté par Glénat le 12 novembre 2012 à 7:00

Interview publiée avec l’aimable accord du site BDGest, qui dédie une exposition en ligne à Julius : cliquez ici pour la découvrir.

 À quel moment avez-vous décidé de réaliser une préquelle du Troisième Testament ?

AA : L’idée d’une seconde série a toujours été présente, avant même que nous ayons publié le tome 1 de la série mère. Nous savions que ce récit médiéval ne nous permettrait pas de faire le tour de notre mythologie, cette idée fantastique d’un livre secret de la parole de Dieu. Parmi les différentes époques envisagées c’est Xavier (Dorison, NDLR) qui, au moment de la sortie du quatrième et dernier livre, a lancé l’idée d’un péplum racontant l’histoire de Julius de Samarie, le prophète oublié qui aurait reçu le Troisième testament…

Si le scénario du Troisième Testament prend son essence d’une extrapolation des Carnets D’Elsenor, celui de Julius est inspiré, d’après le prologue du premier tome, « de découvertes récentes ». Quelles sont-elles ?

AA : La dernière personne qui s’est penchée sur cette question a été retrouvée sans vie, une plume de corbeau sur le torse…

De Julius Publius Vindex à Julius de Samarie, la route semble longue, sinon infranchissable. Voilà certainement un point commun avec Le Troisième Testament, celui du parcours initiatique… 

AA : C’est vrai, c’est un type de récit que j’affectionne. Comme tout le monde, je suis sensible à la simple distraction, mais les récits qui me touchent vraiment sont ceux qui me font avancer, réfléchir, changer ne serait-ce qu’un peu de point de vue sur le monde. Pour ça, rien de plus évident que de suivre le parcours d’un personnage qui apprend lui même quelque chose. La particularité de Julius est de suivre le parcours de deux personnages, diamétralement opposés, et qui vont chacun vivre un parcours initiatique. C’est à mes yeux ce qui fait le sel de cette histoire. C’est aussi ce qui brouille les pistes, ce qui force à se positionner. J’aime l’idée qu’on ne sache pas lequel des deux est le héros.

Seule vraie faiblesse de Julius, tentatrice de celui que l’on appelle « Seigneur »… Quel est le véritable rôle de Livia ? 

AA : C’est la seule personne raisonnable du récit ! Entre le cynisme démesuré de son père, et l’extrémisme religieux des autres personnages, elle représente une sorte d’équilibre de raison et de compassion. Mais dans ce monde qui semble devenu fou, même cette voie raisonnable va la pousser à des actes terribles : dès le premier livre, elle est obligée de trahir son père pour mettre un terme à ses ambitions criminelles… Et l’histoire lui réserve encore bien des choix cornéliens. Je ne choisis pas ce qualificatif au hasard, la Chimène du Cid est l’inspiration du personnage de Livia !

Comment se déroule l’écriture du scénario à quatre mains ?

AA : Xavier a eu l’idée de faire un péplum autour de la figure mythique de Julius. Pour moi, il fallait faire du personnage du « Seigneur », sorte de nouveau Messie, l’autre héros du récit. L’histoire est née de la confrontation de ces personnages. J’ai écrit les grandes lignes en quelques jours. Puis nous avons passé de longs mois à confronter nos idées. Aujourd’hui j’écris l’essentiel des albums et Xavier intervient régulièrement avec de nouvelles idées. Il garde un œil frais sur le récit, sur la narration, sur les pages de Thim (Thimothée Montaigne, NDLR).

Pour quelles raisons avoir confié le dessin à un autre auteur ?

AA : Robin (Recht, NDLR) ne trouvait pas son rythme sur ce second livre, et nous ne voulions pas user la patience des lecteurs plus que de raison.

Comment avez-vous choisi Thimothée Montaigne? Recherchiez-vous un style graphique particulier ?

AA : Thim était venu travailler avec nous dans l’atelier de Mathieu Lauffray, je le connais de longue date. Nous avons les mêmes références, et je crois que Le Troisième Testament représentait une synthèse dans laquelle Thim se reconnait. L’accord nous a tout de suite semblé naturel, et le temps nous a donné raison : Thim se retrouve dans le récit, dans ses ambitions narrative, et je suis constamment émerveillé, ainsi que Xavier, par la générosité et la vie que Thim insuffle dans ses pages.

Après un premier tome de 78 planches, vous revenez, pour le deuxième, à une pagination beaucoup plus classique…

AA : Oui, le changement de dessinateur a occasionné presque une année de retard et nous ne voulions pas faire attendre le lecteur un an de plus.

Pour quelles raisons avoir chapitré Julius, contrairement au Troisième Testament ?

AA : Pour des raisons esthétiques, ça semblait la bonne chose à faire. L’histoire s’organise en parties distinctes, dans une certaine tradition du récit épique. Les chapitres sont une belle manière d’assumer cette ponctuation.

En combien de tomes est prévu Julius ?

AA : L’histoire est écrite depuis longtemps déjà, mais nous avons redéployé le découpage à l’occasion de ce second livre. Le troisième album est déjà storyboardé, il fera lui aussi 50 pages. Pour la suite je ne sais pas encore si l’histoire nous permettra de rester sur cette pagination, ou s’il faudra revenir à 80 pages. Nous verrons cela au moment du découpage de l’album, ce sera le juge de paix.

Avez-vous d’autres projets liés au Troisième Testament

AA : En bande dessinée, Julius va nous emmener très loin, c’est un récit qui ne fait que gagner en ampleur et en intensité. Je pense que quand cette histoire sera achevée, nous aurons fait le tour de la mythologie du Troisième Testament. Mais au-delà des livres, il y a eu déjà plusieurs projets de film autour de la première série. Je pense que ce sujet ferait un formidable long métrage s’il est bien traité. On verra bien !

Propos recueillis par L. Gianati

Interview de Thimothée Montaigne, dessinateur de Julius II (2/2)

Posté par Glénat le 30 octobre 2012 à 3:29

Thimothée Montaigne, dessinateur de Julius II

Thimothée Montaigne, dessinateur de Julius II

Suite et fin de l’interview de Thimothée Montaigne, où il évoque le travail sur les décors et les personnages, ainsi que sur les rencontres qui l’ont amené là où il en est aujourd’hui…

Julius est une série qui se focalise sur les émotions intimes des personnages, tout en les faisant évoluer dans des décors grandioses, parfois dans des scènes d’action spectaculaires. Qu’est-ce qui a été le plus difficile à réaliser pour vous : incarner ces personnages ? Dessiner des décors pour lesquels il n’existe parfois aucune documentation ?

C’est marrant, parce que la question des décors revient souvent, notamment à propos de  Babylone ! En fait, j’ai les mêmes problématiques sur Julius que beaucoup de dessinateurs qui sont confrontés à de la BD historique ! Il s’agit de se documenter pour avoir une idée assez juste de l’époque, pour éviter les anachronismes, mais on n’est pas non plus dans le réalisme historique. Dans Julius, on est dans l’exagération parce qu’il faut rendre tout grandiose !

Pour revenir sur l’exemple de Babylone, on a bien deux ou trois gravures pour savoir à quoi ressemblait la porte d’Ishtar, mais si on s’en tient aux gravures de la ville, l’architecture de l’ensemble paraît très géométrique ! Il me fallait rendre ça grandiose, casser un peu cette structure monotone ! Idem pour le dessin des jardins suspendus de Sémiramis : tels que je les dessine, on a l’impression qu’ils dominent la ville ! Dans la réalité, ça n’est pas aussi démesuré… Pour la puissance d’évocation, il faut exagérer certaines choses.

-Quid des personnages ?

C’était le gros défi de l’album : j’ai vraiment beaucoup travaillé sur les caractères et les identités de tous ces personnages. En fait, vous demandiez ce qui a été le plus dur pour moi, mais tout a été à la fois dur et facile ! Les personnages ont demandé beaucoup de boulot, mais c’était passionnant de les faire exister, de leur donner une identité propre, de faire transparaître ça sur leurs visages. J’ai dû travailler les démarches, les attitudes et morphologies particulières. J’ai vraiment tout fait pour rendre les personnages identifiables et attachants !

-Pour qu’on soit triste quand ils meurent ! C’est cruel…

Mais nous aussi, on vit leur histoire à fond ! On se les est appropriés. Par rapport au descriptif des personnages qui avait été fait au début de la création de la série, on a pris de la distance. Par exemple, le personnage de Thaddeus a pris une direction différente : il devait être taciturne au départ, et finalement, il est beaucoup plus expansif que prévu ! Alex ne le voyait peut-être pas comme ça à la base, mais on a pris cette direction et on l’a adopté comme ça.

C’est vraiment sur ce type de travail que je m’éclate le plus depuis que je suis dans le dessin et la bande dessinée : la justesse dans le jeu d’acteur, le mouvement. C’est primordial, et donc ça réclame forcément un gros travail… Et pour Julius, c’était particulièrement le cas !

-Vous dites avoir beaucoup été influencé par votre collaboration avec Mathieu Lauffray sur les couleurs de Long John Silver. En quoi cela a pu influencer votre dessin sur Julius ?

À l’époque, j’étais l’assistant de Mathieu Lauffray. En fait, mon travail consistait à mettre du drawing-gum dans les bulles et autour des cases pour préparer les pages à la couleur ! Le truc pas spécialement passionnant ! Mais j’avais la chance de fréquenter des gens qui étaient, à la base, des références pour moi : Mathieu Lauffray, Alex Alice et Robin Recht. C’était vraiment dingue pour moi de travailler avec eux pour mon premier job ! Je me suis donc retrouvé dans leur atelier, tous les jours, à les écouter, à discuter avec eux,  à les voir bosser. C’est très formateur. Quand j’en suis sorti, j’avais une base de réflexion, un point de départ, je me sentais prêt à faire de la BD. Au final, pour Julius, ça m’a influencé en rien et en tout ! J’évolue d’album en album mais ma quête reste inchangée. Je leur dois tout ça mais j’ai pris mon envol depuis, mon travail a gagné en identité. J’existe de plus en plus en tant que Thimothée Montaigne, et quand on regarde mon dessin, on y voit sans doute un peu moins mes influences qu’à mes débuts.

-Une histoire qui a de quoi faire rêver les aspirants dessinateurs de BD !

D’autant plus que c’était vraiment un pur hasard que j’intègre cet atelier ! C’est grâce à un prof que j’avais, qui est devenu un ami depuis, Erik Juszezak. Il connaissait mon intérêt pour le travail de Mathieu et d’Alex. Il a croisé Mathieu en dédicace qui lui a dit qu’il cherchait un assistant, il m’a donné son contact en me disant : « débrouille-toi ! ». Vraiment c’était une espèce de hasard, une chance incroyable pour moi de rencontrer ces types qui m’ont éclairé sur le dessin et sur le milieu de la BD. Et puis des années après, au moment où je commençais à me demander si j’allais continuer dans ce métier, Alex me propose de faire Julius ! Sans sa proposition, je pense que j’aurais probablement lâché la bande dessinée…

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